L'imagination comme ingrédient du réel
L'imagination comme ingrédient du réel
L'imagination comme ingrédient du réel
Imagination et réalité sont souvent opposés. Et pourtant, la réalité existe t-elle sans une part d’imagination, sans cette capacité à donner du sens, interpréter et créer ? Quelles sont les implications pour le graphisme, le design et les usagers ?
Imagination et réalité sont souvent opposés. Et pourtant, la réalité existe t-elle sans une part d’imagination, sans cette capacité à donner du sens, interpréter et créer ? Quelles sont les implications pour le graphisme, le design et les usagers ?
11/11/2025
11/11/2025
#branding #graphicdesign #graphisme
#branding #graphicdesign #graphisme



Texte remanié et complété à partir d'une base d'article paru dans le magazine Furtif n°2, sur le thème des mondes perdus.
Texte remanié et complété à partir d'une base d'article paru dans le magazine Furtif n°2, sur le thème des mondes perdus.
Texte remanié et complété à partir d'une base d'article paru dans le magazine Furtif n°2, sur le thème des mondes perdus.
En y réfléchissant un instant, la limite est finalement peu claire, peut être inexistante, entre ce qui est imaginé et ce qui est réel. L’idée n’est pas de dire que la réalité que nous trouvons dehors est entièrement imaginé, mais plutôt de reconnaitre en chaque chose, chaque objet, la part relevant de la connaissance “objective”, mesurable, quantifiable, et donc commune à tous, et de l’autre la part d’imagination, provenant soit d’imaginaires collectifs, soit de sensibilité individuelle.
Ainsi, dans quelle mesure la réalité n’est-elle pas en partie imaginée, comme si l’imagination en était l’un des ingrédients essentiel, au même titre que la perception juste et rationnelle ou que la présence d’objets physiques, afin qu’une réalité, qu’un monde, existent ? L’imagination n’est-elle pas nécessaire pour rendre intelligible l’expérience sensible, pour rendre possible une conscience du monde ?
Et la vie serait-elle vivable s’il n’y avait aucune place pour une forme de flexibilité dans notre rapport au monde ? C’est-à-dire, si nous n’avions pas la liberté de dévier de notre expérience immédiate du monde, et de puiser en nous pour faire naître quelque chose de neuf et d’inexistant, de créer des espaces et des mondes. Si nous n’avions pas la liberté d’être ailleurs que là où nous sommes, si nous ne pouvions rien imaginer du futur, ni nous souvenir du passé, peut être vivrions nous comme des machines, entièrement déterminés par les éléments du monde. Mais nous avons la liberté de voir les choses et de les vivre selon différentes perspectives, de détourner le sens, de sortir des sentiers tracés, et cela justement parce que nous avons l’imagination. Donc, ce qui fait le monde, ce qui en constitue un des ingrédients essentiels, c’est aussi l’imagination. C’est-à-dire, notre capacité à réorienter notre sensibilité différemment, afin de transformer et de créer l’extérieur.
La peinture, les arts visuels, permettent de puiser dans notre imagination et de faire naitre quelque chose qui n’existait pas. Cela n'est pas sans rappeler l’approche de la peinture traditionnelle populaire coréenne (MinHwa), à laquelle on conférait des pouvoirs chamaniques : les images, les symboles représentés avaient le pouvoir d’influencer les énergies du lieu dans lequel on les mettait et d’orienter le réel. De la même façon, inventer des mondes et des esthétiques permet de se questionner sur ce qu’est la réalité et sur la manière dont nous pouvons l’orienter, la créer, la modifier, à partir de choses que nous imaginons et que nous ressentons.
Le pouvoir des arts visuels, tel que le design graphique, est celui de transcrire des imaginaires, des mondes sensibles, des univers de marque, sur différents supports d'expression : de la communication imprimée ou digitale aux affiches d'arts devenues cultes, etc. En les faisant apparaitre sous une forme matérielle, le design les rend réels, et donne la possibilité à ces imaginaires d'impacter les gens, d'orienter les comportements, d'orienter les actions.
C'est un peu ce qui arrive avec la signalétique, qui à un niveau très pratique et très simple, fournit des indications sur le sens de la marche, sur le lieu où se trouve un bureau, des toilettes, un ascenseur. Elle a donc le pouvoir d'indiquer mais aussi de réguler les comportements.
Dans le branding, l'univers de marque affirme les valeurs et la vision de l'entreprise à un niveau sensible. Plus qu'une simple traduction, c'est la création, la matérialisation de l'univers du créateur d'entreprise, qui est travaillée de manière artistique pour toucher un public.
En y réfléchissant un instant, la limite est finalement peu claire, peut être inexistante, entre ce qui est imaginé et ce qui est réel. L’idée n’est pas de dire que la réalité que nous trouvons dehors est entièrement imaginé, mais plutôt de reconnaitre en chaque chose, chaque objet, la part relevant de la connaissance “objective”, mesurable, quantifiable, et donc commune à tous, et de l’autre la part d’imagination, provenant soit d’imaginaires collectifs, soit de sensibilité individuelle.
Ainsi, dans quelle mesure la réalité n’est-elle pas en partie imaginée, comme si l’imagination en était l’un des ingrédients essentiel, au même titre que la perception juste et rationnelle ou que la présence d’objets physiques, afin qu’une réalité, qu’un monde, existent ? L’imagination n’est-elle pas nécessaire pour rendre intelligible l’expérience sensible, pour rendre possible une conscience du monde ?
Et la vie serait-elle vivable s’il n’y avait aucune place pour une forme de flexibilité dans notre rapport au monde ? C’est-à-dire, si nous n’avions pas la liberté de dévier de notre expérience immédiate du monde, et de puiser en nous pour faire naître quelque chose de neuf et d’inexistant, de créer des espaces et des mondes. Si nous n’avions pas la liberté d’être ailleurs que là où nous sommes, si nous ne pouvions rien imaginer du futur, ni nous souvenir du passé, peut être vivrions nous comme des machines, entièrement déterminés par les éléments du monde. Mais nous avons la liberté de voir les choses et de les vivre selon différentes perspectives, de détourner le sens, de sortir des sentiers tracés, et cela justement parce que nous avons l’imagination. Donc, ce qui fait le monde, ce qui en constitue un des ingrédients essentiels, c’est aussi l’imagination. C’est-à-dire, notre capacité à réorienter notre sensibilité différemment, afin de transformer et de créer l’extérieur.
La peinture, les arts visuels, permettent de puiser dans notre imagination et de faire naitre quelque chose qui n’existait pas. Cela n'est pas sans rappeler l’approche de la peinture traditionnelle populaire coréenne (MinHwa), à laquelle on conférait des pouvoirs chamaniques : les images, les symboles représentés avaient le pouvoir d’influencer les énergies du lieu dans lequel on les mettait et d’orienter le réel. De la même façon, inventer des mondes et des esthétiques permet de se questionner sur ce qu’est la réalité et sur la manière dont nous pouvons l’orienter, la créer, la modifier, à partir de choses que nous imaginons et que nous ressentons.
Le pouvoir des arts visuels, tel que le design graphique, est celui de transcrire des imaginaires, des mondes sensibles, des univers de marque, sur différents supports d'expression : de la communication imprimée ou digitale aux affiches d'arts devenues cultes, etc. En les faisant apparaitre sous une forme matérielle, le design les rend réels, et donne la possibilité à ces imaginaires d'impacter les gens, d'orienter les comportements, d'orienter les actions.
C'est un peu ce qui arrive avec la signalétique, qui à un niveau très pratique et très simple, fournit des indications sur le sens de la marche, sur le lieu où se trouve un bureau, des toilettes, un ascenseur. Elle a donc le pouvoir d'indiquer mais aussi de réguler les comportements.
Dans le branding, l'univers de marque affirme les valeurs et la vision de l'entreprise à un niveau sensible. Plus qu'une simple traduction, c'est la création, la matérialisation de l'univers du créateur d'entreprise, qui est travaillée de manière artistique pour toucher un public.
En y réfléchissant un instant, la limite est finalement peu claire, peut être inexistante, entre ce qui est imaginé et ce qui est réel. L’idée n’est pas de dire que la réalité que nous trouvons dehors est entièrement imaginé, mais plutôt de reconnaitre en chaque chose, chaque objet, la part relevant de la connaissance “objective”, mesurable, quantifiable, et donc commune à tous, et de l’autre la part d’imagination, provenant soit d’imaginaires collectifs, soit de sensibilité individuelle.
Ainsi, dans quelle mesure la réalité n’est-elle pas en partie imaginée, comme si l’imagination en était l’un des ingrédients essentiel, au même titre que la perception juste et rationnelle ou que la présence d’objets physiques, afin qu’une réalité, qu’un monde, existent ? L’imagination n’est-elle pas nécessaire pour rendre intelligible l’expérience sensible, pour rendre possible une conscience du monde ?
Et la vie serait-elle vivable s’il n’y avait aucune place pour une forme de flexibilité dans notre rapport au monde ? C’est-à-dire, si nous n’avions pas la liberté de dévier de notre expérience immédiate du monde, et de puiser en nous pour faire naître quelque chose de neuf et d’inexistant, de créer des espaces et des mondes. Si nous n’avions pas la liberté d’être ailleurs que là où nous sommes, si nous ne pouvions rien imaginer du futur, ni nous souvenir du passé, peut être vivrions nous comme des machines, entièrement déterminés par les éléments du monde. Mais nous avons la liberté de voir les choses et de les vivre selon différentes perspectives, de détourner le sens, de sortir des sentiers tracés, et cela justement parce que nous avons l’imagination. Donc, ce qui fait le monde, ce qui en constitue un des ingrédients essentiels, c’est aussi l’imagination. C’est-à-dire, notre capacité à réorienter notre sensibilité différemment, afin de transformer et de créer l’extérieur.
La peinture, les arts visuels, permettent de puiser dans notre imagination et de faire naitre quelque chose qui n’existait pas. Cela n'est pas sans rappeler l’approche de la peinture traditionnelle populaire coréenne (MinHwa), à laquelle on conférait des pouvoirs chamaniques : les images, les symboles représentés avaient le pouvoir d’influencer les énergies du lieu dans lequel on les mettait et d’orienter le réel. De la même façon, inventer des mondes et des esthétiques permet de se questionner sur ce qu’est la réalité et sur la manière dont nous pouvons l’orienter, la créer, la modifier, à partir de choses que nous imaginons et que nous ressentons.
Le pouvoir des arts visuels, tel que le design graphique, est celui de transcrire des imaginaires, des mondes sensibles, des univers de marque, sur différents supports d'expression : de la communication imprimée ou digitale aux affiches d'arts devenues cultes, etc. En les faisant apparaitre sous une forme matérielle, le design les rend réels, et donne la possibilité à ces imaginaires d'impacter les gens, d'orienter les comportements, d'orienter les actions.
C'est un peu ce qui arrive avec la signalétique, qui à un niveau très pratique et très simple, fournit des indications sur le sens de la marche, sur le lieu où se trouve un bureau, des toilettes, un ascenseur. Elle a donc le pouvoir d'indiquer mais aussi de réguler les comportements.
Dans le branding, l'univers de marque affirme les valeurs et la vision de l'entreprise à un niveau sensible. Plus qu'une simple traduction, c'est la création, la matérialisation de l'univers du créateur d'entreprise, qui est travaillée de manière artistique pour toucher un public.
©2025 Nico Pearleyes, Tous droits réservés.
©2025 Nico Pearleyes, Tous droits réservés.